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Note de lecture « Le baiser des cultures »

par Babacar KHOULÉ, Professeur de Lettres / Espagnol

Le baiser des cultures est un titre évocateur. Il symbolise une rencontre tendre, passionnée, amoureuse, positive entre la culture sérère et celle peulh qui s’unissent pour créer quelque chose de beau et de nouveau. Autrement dit, il incarne la réconciliation et la fraternité entre deux communautés historiquement en conflit. C’est l’opposé du choc des cultures.

LA PREMIERE DE COUVERTURE

Dans ce roman, la première de couverture retient notre attention. L’image est toute conforme au contenu. L’illustration principale montre deux silhouettes issues de cultures différentes qui s’apprêtent à se baiser. Ce baiser unira deux êtres, deux cultures, deux ethnies pour l’éternité. L’image, les gestes, la couleur noire se rapprochent chacun d’un passage dans le roman. Le teint du jeune homme comme celui de la jeune fille frappe en matière d’appartenance raciale. La couleur noire reste la métaphore de l’Afrique plus particulièrement de l’ethnie sérère au Sénégal.

LA QUATRIEME DE COUVERTURE

A l’instar de beaucoup de roman, celui de Serigne MBAYE renferme plusieurs informations dans la quatrième de couverture. Elle nous offre un petit aperçu sur l’œuvre en nous faisant le résumé de l’histoire à savourer. Elle nous donne également des informations sur le cursus scolaire et universitaire de l’auteur. Tout cela est corroboré par une photo de Serigne Mbaye où il se présente en vrai homme de Lettres : habillé en costume cravate. Cette photo est le reflet même de l’interculturalité.

LES PERSONNAGES

1-La famille sérère
Yakabaar : c’est l’un des protagonistes du récit. Amoureux de la lecture, il était un excellent élève. Il a fait ses humanités à Thiès avant de s’envoler pour la France afin de continuer ses études supérieures en sociologie. Après un long séjour à l’extérieur, il est retourné à son village natal Agnam Ouro Ciré pour y passer ses vacances. C’est ainsi qu’il tomba amoureux de Tokossél, une très belle fille peule. Cet amour sera la goutte d’eau qui fera déborder le vase.
Diégane Diouf : c’est le père de Yakabar. C’est un conservateur imbu des valeurs ancestrales. Il n’acceptait pas l’union entre Yakabaar et la belle Tokossél pour assouvir sa vengeance contre Baba. Il exerçait une forte influence sur la communauté sérère de Agnam Ouro Ciré.
Maïmouna Ndiaye : c’est la mère de Yakabar. Le narrateur la décrit comme une femme soumise et protectrice de ses enfants. Elle tient la maison, élève ses enfants et soutient son mari. Vilain-petit-serpent : c’est le totem et protecteur de la famille Diouf. Il est un membre à part entier de la famille. Il est considéré comme un frère jumeau à Yakabar. On le traite avec délicatesse et affection.
Le petit Diégane : il porte le nom de son grand-père. C’est le fils de Yakabar et Tokossél. Il tomba amoureux d’une diola mais sa mère refusa catégoriquement de voir son fils se marier avec une Diola.
2- La famille peule
Tokossél : c’est la belle fille peule dont Yakabaar tombe amoureux. Elle vend le lait du troupeau de son père. C’est une fille forte, pieuse, travailleuse et belle. Le narrateur dresse son portrait d’une telle sorte que même le lecteur finit par tomber sous son charme. Même en étant vieille, elle reste plus belle que jamais. C’est à travers elle que le narrateur nous fait savoir que la beauté est l’apanage des peules.
Baba Yoro Ba : c’est le père de Tokossél. Il a un troupeau comme tout peul. Et il en était fier vu qu’Il y a une réelle complicité entre lui et ses bêtes. Il les considère comme sa seconde famille parce qu’un berger est toujours en compagnie de son troupeau. Son cheptel est à l’origine du problème qui l’oppose à Diégane parce que celui-ci a ravagé le champ du vieux sérère en plein jour.
3- Les autres personnages
BAAY AZIZ : Il est imam et chef du village Agnam Ouro Ciré. Etant la personnalité morale du village, il parvient à réconcilier Diégane et Baba par l’entremise des griots de leur famille.
Monsieur Jacques : c’est un français, professeur de sociologie et ami de Yakabar. Il a accompagné son étudiant et ami Yakabaar lors de son retour au Sénégal pour passer les vacances ensemble. Il est venu en Afrique dans le but de découvrir la culture et les traditions africaines. Il n’était pas bien accueilli à son arrivée mais au fur du temps les villageois finissent par l’accepter et l’intégrer. Il s’est marié avec une métisse sénégalo-française. Monsieur Jacques est retourné au Sénégal avec sa famille après sa retraite pour y vivre définitivement.
NGoor et Farba Demba Seck : ce sont les griots des familles sérère et peule. Maitres de l’art oratoire, ils ont usé de leur arsenal en rappelant aux habitants de Agnam Ouro Cire, lors du combat de lutte, la véracité du cousinage à plaisanterie entre sérère et peul afin de désamorcer la bombe.

COMPOSITION ET RESUME DE L’ŒUVRE

Le baiser des cultures est un roman composé de trois parties repérables à premières vues, cependant sans titre. Chaque partie est divisée en deux chapitres. Les évènements rapportés par le narrateur se suivent selon l’ordre chronologique. A travers la voix du vieux conteur, le narrateur commence d’abord par présenter cet amour naturel, parfait, vrai et sans frontières entre deux êtres qui sera le nœud de l’histoire.

PREMIERE PARTIE :

Chapitre 1 :

Sous le ciel poussiéreux et chaud de Agnam Ouro Cire, dans le fin fond du Fouta Toro, vivait un couple que tout le monde enviait : Tokossél et Yakabar. Ils s’étaient mariés jeunes, mais leur amour était sincère, vrai, solide, naturel et pur. Leur vie semblait difficile au début mais le bonheur se cache parfois derrière les épreuves. Ce village constitué de cases en paille est habité par des sérères et des peuls. Chacun de ces ethnies s’identifie par son activité principale. Les sérères cultivent leurs champs avec une fierté indescriptible et les peuls, bergers, avec une complicité notoire, s’occupent toujours de leurs troupeaux. Pour ces villageois, cette tâche domestique, champêtre ou d’élevage qu’ils accomplissent à longueur de journée n’est pas un fardeau mais une vertu. Dans la première partie, l’on rencontre le nom des personnages principaux du roman avec des détails explicites à travers leurs différents portraits.

Chapitre 2 :

Le chapitre 2 est la partie la plus longue du récit. Il commence par le retour de Yakabar à son village natal après avoir passé quelques années en France pour ses études. Il est accompagné de son professeur de sociologie qui vient découvrir l’Afrique. Dans une émotion indescriptible, Yakabar se réjouit de retrouver de nouveau sa famille, surtout sa mère après tant d’années d’absence. A travers Maimouna Ndiaye, le narrateur revient sur le rôle primordial des mères dans les villages. Pour lui, les mères dans les villages ne se limitent pas seulement de procréer mais elles sont de vrais remparts. Elles assurent également l’éducation de leurs marmailles en leur faisant comprendre les hauts et les bas de la vie. Contrairement à Maimouna Ndiaye qui a accueilli son fils comme un héros, Diégane, étant conservateur de la tradition, le reçut avec des remontrances. Il lui rappelle la véracité des traditions en lui reprochant d’être le premier fils du village à conduire un toubab sur la terre de ses ancêtres. Il va jusqu’à le taxer de renégat. Il pense que son fils a épousé la culture blanche au détriment de la sienne. Son compagnon Monsieur Jacques qui voulait découvrir d’autres mondes, d’autres horizons, d’autres cultures était mal accueilli et mal vu au village. Diégane, dans sa rage de vengeance, ne peut pas pardonner au blanc d’avoir troqué leurs grands-pères contre de la pacotille ou des miroirs au temps de l’esclavage.
Un jour, en partant se promener avec son ami professeur, Yakabar a rencontré la belle Tokossél. Il est littéralement tombé sous son charme. Un véritable amour entre deux âmes sœurs se révéla. Coup de foudre ! Amour irrésistible ! C’est une rencontre fortuite entre un sérère et une peule.Yakabar l’aborda en la taquinant comme une ancienne connaissance. En répondant à son cousin sérère, Tokossél fait l’étalage de sa culture, de sa descendance, de sa langue et de la beauté peule tant chantée. Chacun de son côté veut montrer à l’autre que son ethnie a plus
d’importance. Monsieur Jacques a assisté à cette scène mais il ne parvient pas à comprendre ces chamailleries entre une peule et un sérère, parce que le cousinage à plaisanterie n’existe pas chez lui. A peine faire sa connaissance, Yakabaar pense déjà à se marier avec Tokassel. Il fait
part à son père de son intention de demander la main de Tokossél. Celui-ci refuse catégoriquement de voir son sang lié à celui de la fille de Baba, un refus dû à une histoire ancienne. Conditionné par son cœur, Yakabar interroge son père pour savoir la raison de son refus mais il n’aura pas de réponse de la part de ce dernier. Sociologue de formation, il décide de mener sa propre enquête en rendant visite à Baay Aziz, chef de village et détenteur de tous les secrets des villageois. Ce dernier l’informa que son père et Baba avaient un problème qui date depuis les récoltes de l’année dernière. Le troupeau de Baba avait fait irruption dans le champ de Diégane et ravagea tout ce qui était sur pieds. Ayant peur de provoquer la colère de son cousin sérère, Baba préféra dissimiler l’affaire ; mais dans les villages tout finit par se dévoiler.
Sachant que le refus de son père a une justification, Yakabar se trouve dans une impasse, dans un dilemme ou entre le marteau et l’enclume. Il doit suivre soit son cœur, soit sauver son honneur en adhérant à la décision de son père. Baay Aziz, sage, lui demande de lui convoquer les deux griots de la famille sérère et peule, de véritables médiateurs, afin de trouver une solution pour sauver ce couple.

DEUXIEME PARTIE

CHAPITRE 1 :

Le village dans son ensemble préparait un grand combat de lutte opposant le grand guerrier sérère, Gora Diouf, au champion peul, Mamadou Sow. La mort du jeune cultivateur Alpha, marabouté, selon les rumeurs, par ses tantes, change complètement l’atmosphère chaleureuse qui planait partout au village. Et la tristesse régnait au village. Alpha enterré, les funérailles organisées à la sénégalaise, le gala de lutte refait l’actualité et redevient le sujet de conversation de tous. Le jour tant attendu arriva, tout le monde conflua vers l’arène de lutte. Au moment où l’arbitre devait siffler le début du combat, Bay Aziz, imam et chef de village, fait irruption dans l’arène escorté par le griot sérère et celui peulh qu’il avait convoqué à l’avance par l’entremise de Yakabar. Un silence assourdissant régnait sur l’arène, personne ne pipa mot. Toute l’assemblée prêta une oreille attentive à Baay Aziz et sa suite. Ngoor, le griot sérère, commença d’abord par rappeler à l’assemblée le rôle fondamental du griot dans la société sénégalaise. Farba Demba Seck, griot de la famille de Baba, demanda publiquement pardon aux sérères, particulièrement à Diégane au nom des peulhs mais surtout celui de Yoro Ba. Diégane est flatté par les paroles véridiques et sincères des griots, dignes détenteurs des coutumes, des traditions et des principes de gouvernement. Non seulement, Diégane a pardonné mais il a également rappelé à toute l’assemblée la véracité du cousinage à plaisanterie. Il s’est excusé également parce qu’il avait perdu de vue que le troupeau de son esclave peul a le droit de ravager tout son champ sans son approbation. Finalement, le gala de lutte n’a pas eu lieu parce qu’aucun des deux lutteurs n’a eu le courage de se tenir devant l’autre après cette scène pleine d’émotions. Tout le monde est devenu vainqueur.

Chapitre 2

Au lendemain du combat de lutte, Yakabar renouvelle à son père son intention d’épouser Tokossél. Mais cette fois-ci, il donna sa bénédiction tout en s’excusant d’avoir semé des épines sur le chemin de son fils. Leur mariage fut célébré à la mosquée à la vue et au su de tous. Il fut fêté religieusement mais aussi traditionnellement. Chacune des deux familles a célébré selon sa culture, selon ses coutumes et selon ses traditions. Oumou, l’amie intime de Néné, prépara mystiquement et moralement Tokossél en lui rappelant la sacralité du mariage mais également la manière dont elle doit se comporter avec sa belle-famille. Cette union va au-delà d’un simple mariage mais elle symbolise la rencontre de deux familles, de deux ethnies, de deux cultures. Le mariage consommé, Yakabar comme la famille de Tokossél, étaient satisfaits parce que cette dernière a préservé sa virginité, donc elle a honoré sa mère. Cette virginité est d’une importance capitale pour la communauté peule. Une grande fête fut organisée en l’honneur de la nouvelle
mariée. Les villageois de tout bord sont venus chanter, danser et rassasier et étancher leur soif.
Monsieur Jacques profite de l’occasion pour les informer de la fin de son séjour à Agnam Ouro Ciré. Il reconnaît avoir découvert une Afrique différente de ce qu’on lui racontait dans les livres en Europe. Il a découvert une Afrique où l’homme est au centre de la vie, où le cousinage à plaisanterie est facteur de paix, où les hommes sont philosophes par nature.

TROISIEME PARTIE

Chapitre 1

Yakabar et Tokssél Vivent maintenant en famille et s’aiment comme toujours malgré la vieillesse. Leur fils, le petit Diégane, est âgé de dix-huit ans. Yakabar est orphelin de père et de mère et devient maintenant chef de famille. Monsieur Jacques de son côté a épousé une métisse et ils ont eu deux enfants dont l’un porte le nom de Yakabar. A sa retraite, monsieur jacques retourna au Sénégal pour y vivre le restant de ses jours. Agnam Ouro Ciré devint enfin une mosaïque d’ethnies et de races où sérères, peulhs, Diolas, mandingues, bambaras, métis vivent en paix et en harmonie. Le petit Diégane tomba amoureux d’une très belle fille diola. Mais Tokossél, sa mère, a complètement refusé de voir son fils se marier avec une diola. Personne ne pourrait comprendre la raison du refus de celle-ci vu qu’elle avait subi le même sort. Mais le narrateur nous fait savoir que la raison de son refus date depuis son enfance.

Chapitre 2

Le narrateur prolongea l’histoire vers Saint-Louis. Il y a de cela des années, Néné et sa famille étaient parties à Saint-Louis pour des soins médicaux. Elles ont été hébergées par Siaka, un vieux commerçant Diola. Le père de Néné avait promis la main de Salamata _ la grande sœur_ au vieux Diola en guise de reconnaissance pour son hospitalité. Salamata est victime d’un mariage forcé. Elle s’est confiée à Sana sans savoir que celui-ci est le fils de Siaka. Le vieux diola avait déjà répudié deux femmes et l’une était la mère de sana, l’ami de Salamata. Sana s’est disputé intensément avec son père dénonçant son attitude envers les femmes. Sana était à bout de nerfs lorsqu’il donna deux coups de bâtons de tête à son père. Celui-ci succomba à ses blessures.
Sana a tué son père devant beaucoup de témoins. Et cet événement défraya la chronique et fit la UNE des journaux. Il fut emprisonné. Et la famille de Néné rentra à Fouta. Et c’est cela qui explique le refus de Tokossél pour confier son fils à une fille diola.

ETUDE THEMATIQUE

Les thèmes examinés soigneusement dans LE BAISER DES CULTURES sont multiples et différents. Cependant, il existe ceux qui frappent en puissance et sont d’une réalité d’ordre social, culturel, religieux, voire moral. On y trouve des thèmes comme le gaspillage, l’hypocrisie, le mensonge, le mariage forcé, la mort, le cousinage à plaisanterie. Néanmoins, le thème le plus saillant reste le cousinage à plaisanterie. Ce mécanisme social qui permet de se moquer gentiment de l’autre sans l’offenser a renforcé la cohésion sociale entre ethnie et a désamorcé le conflit entre sérère et peul à Agnam Ouro Ciré. Sans cette vieille pratique, le mariage entre Yakabar et Tokossél n’aurait jamais lieu.

CITATIONS

« Le travail n’est louable que quand il est un devoir que l’on accomplit avec fierté, un peu comme ce soldat qui va à la guerre avec l’idée que sa mort serait un sacrifice utile pour libérer ou honorer son pays. »
« La patience est une douce mélodie qui façonne l’instant »
« Un bel esprit est toujours un loup solitaire, non par prétention ni par dégoût pour sa génération mais pour mieux vivre et observer le monde. »
« Le temps n’a point de frein et il n’attend personne, même le temps n’a plus le temps »
« Le bonheur c’est pouvoir compter sur la force de l’amour d’une mère, d’un père, des amis, d’une femme pour gagner la guerre contre la vie. »
« La pudeur et la timidité font partie de la beauté féminine. »
« Reconnaitre sa faiblesse, c’est se prouver qu’on est encore homme et se reconnaitre faible pour quelqu’un est la plus belle preuve d’affection que l’on peut avoir à donner. »
« Survivre, parfois, c’est improviser. Improviser puis s’adapter. »
« L’aventure déprave là où la routine forme. »
« Quand l’envie de réussir est fortement dossée d’efforts, la réussite devient la logique de la vie. »
« … ce que l’on sait aujourd’hui a déjà été su par quelqu’un d’autre : soit il l’a dit, soit il l’a écrit, soit il s’est fait inhumer avec. »
« Avoir peur d’agir, c’est avoir peur de réussir et, sans le vouloir, choisir d’échouer. »
« Quand on veut atteindre un but dans la vie, le mot échec devient notre ennemi d’Etat : on le pourchasse, le traque sans relâche, et on le tue s’il résiste ! »
« L’amour ne se taquine pas. Ça se vit et se découvre avec le temps. »
« Les flammes de l’amour sont comme celles de la bougie, d’abord elles brulent de joie, de réjouissance, et enfin s’éteignent de larmes, de très grosses et chaudes larmes. »
« C’est la soif de posséder qui nous a rendus tous vils. »
« Le cœur est un insubordonné : quand il choisit, il ne tient pas compte des dommages qu’il pourrait causer, et Dieu sait qu’il en cause toujours ! »
« Tout le monde espère aller au paradis même si rares sont ceux qui œuvrent pour. »
« Forcer un mari à une femme, c’est comme la trainer directement à l’abattoir, car le manque d’affection la tuerait exactement comme un boucher tue l’animal qu’il aime le moins. »

Par Babacar KHOULÉ, Professeur de Lettres / Espagnol

2 thoughts on “Note de lecture « Le baiser des cultures »

  1. Serigne Mbacke Gning dit :

    Je comfirme c’est jeune professeur distingué par son sérieux, son amour du travail.

  2. Ibrahima Diba dit :

    Félicitations cher Professeur M Khoulé

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